Trappes - La ferme Cuypers renaît

Depuis quelques mois, une zone résidentielle se construit à Trappes : la ZAC Montfort-Thorez. Ce projet urbanistique et social cohérent redynamise le quartier et redonne vie à la ferme Cuypers, haut lieu historique de la ville nouvelle réhabilité par la communauté d'agglomération.

Trappes - La ferme Cuypers renaît

Edouard Stéphan, le spécialiste ès fermes du plateau, vous le dira : la ferme Cuypers a été l'un des hauts lieux de notre territoire. Bien avant la création de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, la « ferme du château » (l'un de ses autres noms), localisée à Trappes, employait nombre de fermiers saisonniers oeuvrant notamment dans les champs de pommes de terre de la région.

Depuis 1792 !

Tout commence avec la vente des biens nationaux, en 1792. Thomas Pluchet et Denise Dailly achètent cette ferme, jusqu'alors propriété des Dames de Saint-Cyr.
En 1900, ils portent la surface exploitée à 410 hectares. A cette date, les deux familles emploient plus d'un Trappiste sur quatre en âge de travailler.
Ferme Cuypers Travaux webLa Ferme Cuypers pendant les travaux de réhabilitationLes Pluchet s'investissent dans la vie de la cité : entre 1812 et 1919, trois d'entre eux seront successivement maires de Trappes. En 1814, les Dailly prennent même la charge de maître de la Poste aux Chevaux de Paris et seront à l'origine du Crédit foncier de France.
C'est en 1932 que la famille belge Cuypers reprend l'exploitation. Rapidement, elle ajoute aux activités de fabrique de fécule de pomme de terre et de distillerie celle de conserverie de petits pois. Les Cuypers regroupent progressivement les fermes proches de l'église de Trappes et cultivent au total plus de 650 hectares. Mais l'activité se réduit progressivement.
En 1972, les terres sont rachetées par l'Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP) afin de préparer l'installation de la base de loisirs. Saint-Quentin-en-Yvelines est créée. En 1976, la mairie acquiert les bâtiments d'exploitation, la grande cour et le grand enclos, les restaure et y installe ses ateliers municipaux.

Une transition urbanistique harmonieuse

Depuis quelques semaines, le bâtiment d'habitation de la ferme a été réhabilité par la communauté d'agglomération. Il accueille désormais les quatre classes mémoire vive de la nouvelle école maternelle Laurent-Mourguet. Les terres  autrefois cultivées ont vu pousser, entre la rue de Montfort et l'avenue Maurice-Thorez, environ 300 logements neufs, maisons ou collectifs de petite taille - aux trois-quarts en accession à la propriété, le reste en locatif aidé.
Créée en 2001 par l'EPA, transférée en 2003 aux services de la communauté d'agglomération, la ZAC Montfort-Thorez propose un urbanisme respectant un contexte villageois et, dans le même temps, amorce une transition harmonieuse entre le village et les grands ensembles des années 60.
Ce quartier résidentiel apportera une gamme de logements intermédiaires à des prix très accessibles, complément indispensable aux parcours résidentiels des Trappistes, notamment des jeunes  couples. Le dynamisme de ce quartier devrait être assuré par la présence de la nouvelle école de musique et de danse, dont les travaux devraient être achevés courant 2005.

Arnaud Thomelin pour Le Petit Quentin de mars 2004