Magny-les-Hameaux - La réhabilitation réussie du quartier du Buisson

Urbanisé dans les années 70, le quartier du Buisson, à Magny-les-Hameaux, a été aménagé rapidement. Vingt-cinq ans plus tard, sa réhabilitation lui a offert un second souffle.

Magny-les-Hameaux - La réhabilitation réussie du quartier du Buisson

À la fin des années 60, l'urbanisation de Magny s'intensifie avec l'aménagement du quartier du Buisson, qui découle d'une volonté du ministre de l'Équipement de l'époque (1969), Albin Chalandon. Il s'agit de transposer dans le monde moderne une urbanisation traditionnelle grâce au groupement de maisons individuelles, appelées par la suite « Chalandonnettes ». Ces « nouveaux villages » attirent d'emblée une population désireuse d'accéder à la propriété.

Le quartier du buissonLe quartier du buissonDes chemins de promenade, des aires de jeux... Au Buisson à Magny, tout a été mis en oeuvre pour rendre la vie plus agréable et désenclaver ce « quartier du bout du bout ».
La réhabilitation s'est achevée avec le réaménagement de la place du 19-Mars-1962.

Au milieu des années 70, quand le quartier est achevé, près de 4 000 habitants s'ajoutent en quelques mois à la population de Magny, qui croît alors de 200% ! Mais les équipements ne suivent pas (écoles, commerces, gymnases) pour pourvoir aux besoins des nouveaux venus. À cela s'ajoutent des coûts imprévus, liés aux travaux qui prennent du retard... Magny, commune rurale qui avait accepté bon gré mal gré la proposition du ministre, est placée sous tutelle financière de l'État - une mesure qui durera quatorze ans, de 1977 à 1991.

En lisière de la commune, de la ville nouvelle et du département, le Buisson prend rapidement le nom de « quartier du bout du bout ». Excentré et replié sur lui-même, il a du mal à tenir ses promesses. « Quand nous sommes arrivés, en 1975, il n'y avait rien, raconte Jacqueline Desvergnes. Étant donné que nous n'étions là que le soir, ce côté "campagne" nous plaisait mais, après un arrêt de travail, je me suis mieux rendu compte de l'ennui et des inconvénients d'une telle situation. » Aujourd'hui retraitée, Jacqueline se souvient qu'elle devait partir à 5h30 pour aller travailler à Paris, alors qu'elle commençait à 8 heures...

« Tout s'est embelli »

Pour résoudre ces problèmes, l'État et le SAN signent en 1990 une convention pour la réhabilitation du quartier. Réaménagement de la place du 19-Mars-1962, ouverte sur la rue, commerces de plain-pied, création du café culture L'Estaminet, groupes scolaires rénovés, tout est mis en oeuvre pour désenclaver le quartier et le rattacher à Cressely, au quartier de l'hôtel de ville et à celui de la Croix-aux-Buis. « Tout s'est beaucoup embelli, confie Jacqueline. C'est plus agréable à vivre. Nous nous sentons moins oubliés et moins montrés du doigt. Il y a des chemins pour se promener, des aires de jeux pour enfants... Les jeunes qui arrivent sont contents et veulent rester. »

Nicolas Gervais pour le Petit Quentin d'octobre 2003

Repères

> 8 décembre 1972 : Le projet du Buisson est adopté.

> Début 1975 : Premiers arrivants. Population : 2 700 personnes.
> Fin 1976 : Le chantier est livré. 6 225 habitants.
> 1977 : La commune est mise sous tutelle de l'État.
> 1990 : Signature avec l'État et le SAN d'une convention de quartier pour la réhabilitation du Buisson.
> 1991 : Levée de la tutelle sur les finances de la commune.
> 2001: La réhabilitation prend fin avec le réaménagement de la place du 19-Mars-1962.

« Le quartier du bout du bout »