Elancourt - Le quartier des 7 Mares

Notre ville a trente ans, elle est déjà chargée d'histoire. C'est ce patrimoine urbain et architectural que cette rubrique, vous invite à redécouvrir. Gros plan sur l'un des plus anciens quartiers de Saint-Quentin-en-Yvelines : les 7 Mares.

Elancourt - Le quartier des 7 Mares

La construction du quartier des 7 maresLa construction du quartier des 7 maresInauguré en 1975, le quartier des 7 Mares, à cheval sur les communes de Maurepas et d'Élancourt, est le premier à voir le jour dans le cadre de l'aménagement de Saint-Quentin-en-Yvelines.

L'architecte Philippe Deslandes en est à l'origine. « Sa réalisation reflète les préoccupations sociales et urbaines des années 70, commente Jean-Dominique Gladieu, chargé d'études historiques pour le Musée de la ville.

 On réfléchissait alors en terme de flux, et la volonté était de protéger les piétons en les séparant des nuisances de l'automobile. » Pour cela, on pratique un urbanisme sur dalle (comme à Paris-La Défense ou La Part-Dieu à Lyon). Les véhicules sont relégués sur des parkings en périphérie ou en sous-sol, tandis qu'en surface, le quartier, refermé sur lui-même, permet une circulation piétonne sur une dalle en béton armé. « Sur place, on trouve des commerces, des équipements culturels et administratifs, des logements et une place centrale, qui est aussi un lieu de rencontre, une agora, explique Jean-Dominique Gladieu. Le mot d'ordre, c'est la convivialité ! »

Un cas unique

Ainsi, l'architecture extérieure est à dimension humaine et ne traduit pas la taille réelle des édifices, les bâtiments sont liés entre eux et invitent à la mixité des activités et des personnes (la résidence des personnes âgées et le foyer des jeunes travailleurs sont accolés, par exemple). Témoin vivant d'un bouillonnement d'idées architecturales et urbanistiques, le centre des 7 Mares a également vécu une animation intense, indissociable de l'histoire du quartier. Pour rendre la ville plus chaleureuse, il faut favoriser l'essor du tissu associatif. L'Association pour la promotion des activités socioculturelles (Apasc) naît en 1974 et dispose, dès 1975, d'un vaste équipement culturel, la Maison pour tous (MPT). « Cas unique dans l'histoire de l'animation socioculturelle en France, celle-ci a regroupé jusqu'à 104 associations », poursuit Jean-Dominique Gladieu. Mais, progressivement, Saint-Quentin-en-Yvelines se développe et les sept communes aussi. Ces dernières sont alors capables d'exercer les fonctions assumées jusqu'alors par l'Apasc. Les structures sociales et culturelles se dissocient et la MPT, devenue Centre d'action culturelle, obtient le label « scène nationale » et s'installe, en 1993, au Théâtre de Saint-Quentin.

Une référence historique

Les-7-Com-Elan-122 webLe centre commercial des 7 maresLe pôle culturel se déplace vers l'est, où a été édifié un coeur de ville, et la construction sur dalle apparaît désormais obsolète. Alors que l'automobile et les voies de circulation réinvestissent la ville, le quartier semble replié sur lui-même, et ce qui devait être une « protection » est peu à peu vécu comme un enfermement. Par ailleurs, l'animation piétonnière sur dalle nécessite une forte densité de l'habitat qui n'est pas au rendez-vous. Au cours des années 90, un nouveau projet urbain ouvre les 7 Mares sur le reste de l'agglomération : les immeubles sont ravalés, le supermarché est déplacé, de petits immeubles collectifs sont implantés, les cheminements piétonniers sont réorganisés et les entrées du quartier mieux identifiées. En 1996, une supérette est ouverte. « Ce quartier reste aujourd'hui une référence historique et symbolique de l'évolution de Saint-Quentin-en-Yvelines », conclut Jean-Dominique Gladieu.

Nicolas Gervais pour Le Petit Quentin de septembre 2003