Carlos Cruz-Diez, l'art en pièces

Carlos Cruz-Diez a réalisé en 1980 le plafond de la passerelle de la gare de Saint-Quentin en lien avec l’architecte Renzo Moro. À l’occasion de cette nouvelle série consacrée aux ateliers d’artiste, il nous a ouvert ses portes.

Carlos Cruz-Diez, l'art en pièces

Carlos Cruz-Diez, artiste international dont les oeuvres figurent au centre Georges-Pompidou ou au Musée d’art moderne de New York pour ne citer que ces deux-là, est un homme qui fait surgir des couleurs qui n’existent pas ! À l’image de ses oeuvres, changeantes et imprévisibles, l’adresse qu’il nous a donnée nous conduit devant une ancienne boucherie, rue Pierre-Semard, dans le IXe arrondissement de Paris.

Atelier Cruz-Diez extérieurCarlos Cruz-Diez a installé son atelier dans une ancienne boucherie parisienneC’est là qu’il a installé ses ateliers : un centre de documentation dont rêveraient les musées… une galerie, deux ateliers de fabrication et un troisième de restauration. Des bureaux où travaille presque toute la famille autour de l’oeuvre du patriarche qui irrigue le monde entier. Ses équipes trient et installent, selon les plans du maître de l’art cinétique, des bandes colorées soigneusement découpées et assemblées de telle manière qu’elles produisent des effets d’optique et fassent surgir des couleurs qui n’existent pas.

Intérieur atelier cruz-diezUn atelier où travaille toute sa famille, d'origine du Venezuela.Dans un coin, des morceaux d’aluminium : « Au départ, j’étais graphiste. Ce que je connaissais, c’était le papier, alors mes premières oeuvres étaient en carton. Puis j’ai utilisé le plastique, mais avec la crise pétrolière, mon fournisseur ne pouvait plus assurer la demande dès 1975. Je me suis donc tourné vers cette matière première quasi inépuisable : l’aluminium. »

Un inventeur dans l’âme

Il explique volontiers, avec son accent sud-américain (il est né au Venezuela), comment il a inventé et fabriqué cette fameuse « profileuse » à côté de lui. « Je ne connaissais pas l’aluminium. J’ai donc étudié les différentes manières de le travailler et de le peindre.

Atelier Cruz Diez portraitCarlos Cruz-Diez, maitre de l'art cinétique Au départ, je faisais des lignes, et j’ai fabriqué cette machine tout simplement parce que je voulais faire des U et qu’aucun outil ne me permettait de le faire de manière satisfaisante. Ça fait vingt-sept ans qu’elle marche. Par contre, l’ordinateur, lui, il faut le changer tous les six mois. », explique-t-il en riant. L’artiste a saisi les immenses possibilités du numérique
pour préparer ses plans ou choisir ses couleurs.

Enfin, quand il est ici car, s’il s’est installé à Paris en 1963, il a aussi ouvert un atelier à Caracas en 1975, avant de confier à son fils les commandes d’un nouvel espace au Panama. En 2010, tous les ateliers se mobiliseront pour une grande exposition aux États-Unis où il a déjà une fondation qui lui est consacrée à Houston.

www.cruz-diez.com