Montigny - Les Arcades du Lac et le Viaduc

Le quartier de la Sourderie a suscité, en son temps, bien des réactions. Et pour cause : on y trouve deux réalisations monumentales de Ricardo Bofill : les Arcades du Lac et le Viaduc.

Montigny - Les Arcades du Lac et le Viaduc

En architecture, le courant postmoderne naît à la fin des années 60, en réaction au mouvement moderne représenté, entre autres, par Le Corbusier. Retour à une dimension nostalgique, lutte contre l'uniformité et goût prononcé pour l'ornement, un certain nombre d'architectes (Antoine Grumbach, Léon Krier...) souhaitent en effet sortir de la simple « fonctionnalité » moderne et les villes nouvelles françaises leur fourniront un terrain d'expérimentation inespéré.

Magnifier le quotidien

Arcades du Lac à MontignyFormes historiques alliées à des matériaux modernes, le défi est osé, le pari réussi.Ainsi, alors que le Catalan Ricardo Bofill (né en 1939 à Barcelone) a largement diffusé ses monuments néo-classiques en Espagne et en France (Les Espaces d'Abraxas à Marne-la-Vallée, quartier Antigone à Montpellier, Les Échelles du baroque dans le quartier Montparnasse...), ses réalisations parmi les plus importantes se trouvent dans le quartier de la Sourderie à Saint-Quentin-en-Yvelines. Ici, près du lac artificiel (qui sert de bassin de retenue) à cheval sur les communes de Montigny-le-Bretonneux et de Voisins-le-Bretonneux, Ricardo Bofill trouve des idées pour « magnifier le quotidien ».
L'architecte s'inspire en effet du site de Saint-Quentin-en-Yvelines et de l'histoire locale (Versailles, jardins de Lenôtre) pour mener à bien ses réalisations qui doivent permettre à tous de vivre dans des oeuvres d'art. Formes historiques alliées à des matériaux modernes (éléments préfabriqués, béton architectonique) le défi est osé et le résultat surprenant : il révolutionne le logement collectif et social.

Agréable à vivre

Arcade Du Lac webLe Viaduc, vu du lacLes Arcades du Lac sont conçues comme des jardins à la française habités, et le second bâtiment, le Viaduc (inspiré de l'aqueduc de Ségovie et du château de Chenonceau) est surnommé « le Versailles du peuple ». Des réalisations qui ont défrayé la chronique et attiré des cars entiers de touristes, mais qui ne sont pas que des défis esthétiques. « L'aspect extérieur n'est pas ce qui nous a séduits en premier, explique Benoît Aubry, propriétaire aux Arcades depuis trois ans. Je dirais même que c'est l'inverse. Au départ, je trouvais que ça faisait bloc. Mais après, on s'habitue. Le plus important, c'était l'agencement de l'appartement, qui est très agréable à vivre et les espaces alentours. La résidence est piétonne et l'été on n'entend que les enfants qui jouent et les oiseaux. »

Apprécié ou non, le style Bofill ne laisse pas indifférent et nos lecteurs se souviendront certainement que les Arcades du lac, lors de leur sortie de terre, ont fait la couverture du Quid, de calendriers de La Poste et suscité l'intérêt de Michel Polac dans son émission Droit de réponse...

Repères

> Fin des années 60 : naissance du courant postmoderne.
> De 1978 à 1982 : réalisation des Arcades du lac et du Viaduc.
> 16 hectares : superficie du plan d'eau de la Sourderie.
> 674 : nombre de logements.
> 1986 : sortie de terre des Temples et Templettes, nouvelle opération de 200 logements réalisée par Ricardo Bofill. Elle vient compléter la première et accentuer l'impression de « Versailles du peuple ».