La Verrière - Les années 20 en héritage

Après s'être intéressée au quartier du Bois-de-l'Étang en février dernier, Mémoire vive revient à La Verrière pour revisiter l'architecture de la commune, intimement liée à son histoire.

La Verrière - Les années 20 en héritage

Au début du XXe siècle, La Verrière n'était encore qu'un bourg d'une soixantaine d'habitants et il faudra attendre 1934 pour qu'une mairie-école y voit enfin le jour, signée par l'architecte Aillot.
Auparavant, le conseil municipal se réunissait dans une chambre au premier étage du café de la Gare et stockait les papiers dans une grosse armoire normande, aujourd'hui placée dans le bureau du maire...

Une réalisation intemporelle

Mairie de La Verriere dans les années 20Mairie de La Verriere, dans les années 20.Une histoire avec laquelle l'architecte Michel Euvé a composé pour édifier l'actuel hôtel de ville de la commune, en 1997.
« Il s'agissait de garder la façade du premier bâtiment, très typique des années trente, et de la placer dans un édifice dix fois plus grand pour en faire le porche d'entrée, commente-t-il. Dans ces conditions, il n'était pas question d'une réalisation très moderne, il fallait qu'elle soit intemporelle. Nous avons donc opté pour un ensemble dont les effets de toiture et de vitrage pouvaient inscrire naturellement la construction parmi les pavillons environnants. »
À proximité de la mairie, on remarque des habitations anciennes, de toute petite taille. Il en est ainsi de cette maisonnette près du cimetière qui, paraît-il, était un ancien wagon.
De nombreux ouvriers venaient à La Verrière le week-end, dans les années vingt, pour jardiner sur des parcelles de terrain achetées à bas prix. 

Des cabanons aux maisons

La Verriere Annee20 webAprès la Seconde Guerre mondiale, les « maisons-jardins » de La Verrière se transformeront en lotissements.Un abri de jardin s'est construit par-ci, puis un cabanon par-là... La crise de 1929 et la guerre ont amplifié l'essor de ces « résidences sauvages » et progressivement transformé les « maisons-jardins » en lotissements.
Adrienne Robichon, qui a habité durant quinze ans une de ces cabanes de jardin, se souvient. « Mon mari était cheminot à Trappes et nous avons loué cette petite maison rue du Bois en janvier 1942. À l'époque, il n'y avait que 2 ou 3 habitations en dur, le reste c'était des abris de jardin. En 1947, nous avons acheté le terrain à côté et mon mari y a construit la maison où j'habite maintenant.
Petit à petit, les terrains ont été vendus et les abris se sont transformés en pavillons. »

Nicolas Gervais pour le Petit Quentin de juillet/août 2004

Une ville sans église

Lorsqu'un visiteur s'intéresse à l'architecture d'une ville, il fait souvent un détour par l'église. Seulement voilà, à La Verrière, il n'y en a pas !
Une situation peu banale, en France, qui s'explique par l'histoire de la commune. Celle-ci commence, à la fin du XVIe siècle, avec la construction du château qui appartient aujourd'hui à la Mutuelle générale de l'Éducation nationale - MGEN (surélevé d'un étage et beaucoup transformé au XIXe, les spécialistes ne lui prêtent pas de très grandes qualités architecturales).
« À l'origine, La Verrière était juste un lieu-dit du Mesnil-Saint-Denis, explique Édouard Stephan, ancien chargé d'histoire pour le Musée de la ville.
Pour prendre son indépendance et créer sa propre paroisse, le seigneur du château a dû bâtir une église. Mais la commune était trop petite pour faire vivre le curé et, petit à petit, ce bâtiment est tombé en désuétude pour disparaître au XIXe. »